La Faim: Foire aux Questions

Publié le par L'Association-ONG

faim-af.jpg1. Qu’est-ce que la faim chronique?

Les personnes qui souffrent de faim chronique sont sous-alimentées. Elles ne mangent pas suffisamment pour se procurer l’énergie nécessaire pour mener une vie active, ce qui entrave leur capacité d’apprentissage, de travail ou d’accomplissement de toute autre activité physique. La sous-alimentation est particulièrement néfaste pour les femmes et les enfants. Les enfants sous-alimentés souffrent de retards de croissance physique et parfois psychique. La faim chronique affaiblit le système immunitaire et rend plus vulnérable aux maladies et aux infections. Les mères sous-alimentées donnent naissance à des bébés au poids insuffisant, et présentent elles-mêmes un plus grand risque de mortalité.

Chaque jour, des millions d’individus dans le monde mangent le strict minimum pour survivre. Chaque soir, ils vont se coucher sans savoir s’ils auront de quoi s’alimenter le lendemain. C’est cette incertitude que l’on appelle “insécurité alimentaire”. La FAO définit l’insécurité alimentaire comme:

“Une situation caractérisée par le fait que la population n’a pas accès à une quantité suffisante d’aliments sans danger et nutritifs leur permettant d’avoir une croissance et un développement normaux, d’être en bonne santé et de mener une vie active”.

En moyenne, un individu a besoin au minimum d’environ 1800 kcal par jour d’apports énergétiques.

2. Qui est le plus exposé à la faim?

Les trois grands groupes les plus vulnérables sont : les ruraux pauvres, les citadins pauvres et les victimes de catastrophes.

Les ruraux pauvres
La majorité des êtres humains n’ayant pas assez à manger vivent au sein de communautés rurales pauvres dans les pays en développement. Beaucoup n’ont ni électricité, ni eau potable. Les services de santé publique, d’éducation et d’hygiène sont souvent inadéquats.

Les personnes affamées et victimes d’insécurité alimentaire produisent souvent de la nourriture. Elles pratiquent l’agriculture sur de petits lopins de terre. Elles élèvent des animaux, pêchent du poisson. Elles font ce qu’elles peuvent pour nourrir leurs familles ou vendent leurs produits sur les marchés locaux.

Elles sont rarement propriétaires de leurs terres et travaillent comme journaliers agricoles pour assurer leur subsistance. C’est un travail souvent saisonnier, et la famille est contrainte de se déplacer ou de se séparer pour survivre.

Ce sont des personnes qui travaillent dur et ont du mal à mettre de l’argent de côté pour affronter les situations d’urgence. Même lorsqu’il y a suffisamment de nourriture, la menace de la faim est omniprésente.

Les citadins pauvres
Les citadins pauvres constituent un autre groupe exposé à la faim. Ils produisent peu, voire pas du tout, de nourriture et n’ont souvent pas les moyens de l’acheter. Les villes sont en constante expansion. En 2000, près de 2 milliards d’individus s’entassaient dans les agglomérations; d’ici 2030, ce chiffre aura plus que doublé. Au fur et à mesure que les villes s’étendent et qu’une part croissante de la population migre des campagnes vers les zones urbaines, le nombre de citadins pauvres augmente. La faim urbaine et l’accès à des aliments à des prix abordables deviennent ainsi des problèmes de plus en plus critiques.

Victimes de catastrophes
Chaque année, inondations, sécheresses, séismes et autres catastrophes naturelles, ainsi que conflits armés causent des ravages et forcent des familles à abandonner leurs habitations et leurs fermes. Les victimes de catastrophes sont souvent confrontées à des perspectives, non plus de faim, mais de famine véritable.

3. Où vivent les victimes de la faim?

La majorité vit dans les pays en développement, mais le monde industrialisé n’échappe pas pour autant au spectre de la faim. L’Asie et le Pacifique comptent le plus grand nombre de personnes affamées, tandis que l’Afrique subsaharienne déplore la plus forte prévalence d’affamés avec une personne sur trois étant sous-alimentée.

Répartition des personnes sous-alimentées par région (valeurs 2010):

  • Afrique subsaharienne: 239 millions
  • Asie-Pacifique: 578 millions
  • Amérique latine et Caraïbes: 53 millions
  • Proche-Orient et Afrique du Nord: 37 millions
  • Pays développés: 19 millions

4. Comment la FAO calcule-t-elle le nombre de personnes dans le monde qui souffrent de faim?

La FAO mesure le nombre de personnes qui ne consomment pas les besoins énergétiques quotidiens minimums qui correspondent à la quantité de calories nécessaires pour une activité légère et un poids minimum acceptable pour la taille atteinte. Comme on peut s'y attendre, cette quantité varie selon le sexe et l'âge. Pour calculer ces chiffres, la FAO rassemble d'abord trois ensembles de données :

  • les données sur la production, les importations et les exportations de tous les produits alimentaires, avec la teneur en calories pour chaque aliment. Ces données sont utilisées pour calculer la disponibilité totale en calories dans le pays.
  • les données sur la structure de la population en termes d'âge et de sexe, puisque les différents groupes selon l'âge et le sexe ont des besoins caloriques minimums différents. En utilisant ces données, on peut estimer le nombre total de calories nécessaires pour l'ensemble de la population, comme un agrégat. Ce dernier varie d'un pays à l'autre en raison des structures différentes de la population.
  • les données sur l'enquête auprès des ménages. Celles-ci sont utilisées pour estimer la distribution des calories selon les spécificités du pays. Certains pays peuvent avoir des répartitions des calories plus équitables que d'autres, ce qui, si les autres facteurs sont identiques, conduirait à un nombre inférieur de personnes sous-alimentées.

A partir de l'ensemble des calories disponibles, du total des calories nécessaires pour une population donnée et de la distribution des calories, on peut calculer le nombre de personnes qui sont en dessous des besoins énergétiques minimum : c'est le nombre de personnes sous-alimentées. Ces chiffres sont alors additionnés pour tous les pays dans le monde. Cependant, à travers ce calcul, on ne tient pas compte de la ration de protéines, de vitamines ou de minéraux absorbés.

Pour estimer les plus recentes figures, la FAO utilise un modèle de l'USDA sur l'impact des conditions économiques sur la faim, y compris l'impact des changements dans les flux de capitaux, des exportations et des prix des matières premières sur la capacité des pays à acheter de la nourriture.

5. Quand la FAO a-t-elle commencé à dénombrer les personnes affamées?

Les statistiques de la FAO sur la faim remontent à 1969-1971, époque à laquelle le monde comptait 878 millions de personnes affamées. Les statistiques antérieures étaient basées sur une méthodologie différente et ne sont donc pas comparables. Au cours des 40 dernières années, le nombre de personnes affamées n’est pas descendu en dessous de la barre des 800 millions. Après quelques victoires obtenues dans la réduction de la faim, la sous-alimentation n’a cessé d’augmenter entre 1995-1997 et 2009, atteignant un pic en 2009 à la suite de la crise économique et financière.

Publié dans Tous contre la faim

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